«On a manqué de confiance» – Marion Thénault
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(Sportcom) – Marion Thénault, Miha Fontaine et Alexandre Duchaine avaient le moral dans les talons après la première manche des sauts par équipe mixte aux Championnats du monde de ski acrobatique. Le trio canadien, uni pour une première fois à cette épreuve, s’est classé cinquième, dimanche, en Géorgie.
Duchaine a rejoint les deux médaillés olympiques à la suite de la blessure de Lewis Irving, qui a dû mettre un terme à sa saison le mois dernier.
Thénault a été la première de l’équipe à s’élancer. Les vents de Bakouriani ont rendu la tâche difficile aux athlètes et ils devaient s’adapter en conséquence.
Celle qui est deuxième au classement de la Coupe du monde a légèrement fléchi à l’atterrissage et a récolté 76,23 points. Miha Fontaine et Alexandre Duchaine ont connu des difficultés chacun leur tour dans leur manœuvre. Ils ont respectivement obtenu des notes de 83,50 et de 68,44.
«En ce moment, l’énergie est basse et on est quand même déçus », a confié Thénault qui, en l’absence d’Irving, est la plus âgée de la formation canadienne du haut de ses 22 ans. Il y a beaucoup de vent ici et ça nous a joué dans la tête. On n’a pas été en mesure de gérer cette incertitude, même si on avait la bonne vitesse. Finalement, on n’avait pas confiance en nos moyens.»
Les bourrasques durent depuis quelques jours à Bakouriani et ont d’ailleurs forcé l’annulation d’une séance d’entraînement cette semaine, en plus de prolonger celles qui ont pu être présentées.
Puisque son dernier saut à l’échauffement s’est mal déroulé, Marion Thénault a opté pour la simplicité avec une figure moins élaborée que celle initialement prévue.
«C’était quand même conservateur, mais je ne le regrette pas. Les gars ont aussi changé leur saut. Au final, ça n’a pas été une question de difficulté, mais d’exécution. On a manqué de confiance et on a mal géré le tout.»
Les trois Québécois ont cumulé 228,17 points, à un peu plus de 8 points des Kazakhs et d’une place en deuxième manche, «malgré des erreurs majeures dans tous les sauts», comme l’a souligné Thénault.
Les Américains ont été couronnés champions du monde grâce à leurs 331,37 points. Les représentants de la Chine (320,71) et de l’Ukraine (255,56) sont aussi montés sur le podium.
«On sait qu’on peut être sur le podium, mais tout peut arriver et changer drastiquement à l’épreuve par équipe. On n’a pas livré à la hauteur de nos capacités», a ajouté Marion Thénault.
Adaptation nécessaire
Les trois skieurs devront vite tourner la page, car les qualifications des épreuves individuelles sont prévues mardi, tandis que les finales seront disputées le lendemain.
Marion Thénault, trois fois médaillée en Coupe du monde cette saison, avait terminé sixième des mondiaux de 2021, à Almaty. Miha Fontaine et Alexandre Duchaine s’étaient classés 22e et 24e au Kazakhstan.
La compétition par équipe leur aura permis d’avoir un bon aperçu des vents et de la piste afin de peaufiner leur préparation. L’équilibre mental peut parfois être dur à trouver lorsque le vent s’invite à la fête et Thénault souhaite être dans le meilleur état d’esprit possible cette semaine.
«Ce n’est pas quelque chose qu’on contrôle, mais c’est difficile de ne pas trop y penser. C’est une question de pointage, mais aussi de sécurité si on n’a pas la bonne vitesse, a mentionné la Sherbrookoise. Nos entraîneurs sont très bons et s’occupent des données. On peut leur faire confiance. Nous, notre travail, c’est de nous concentrer sur nos sauts et aujourd’hui, on a manqué de confiance en nous-même.»
«Je n’ai pas envie de vivre une autre déception. Ça me motive pour les prochains jours et je n’ai plus envie de jouer “safe” !» a-t-elle conclu.
Flavie Aumond et Émile Nadeau se joindront aux trois Québécois pour les épreuves individuelles.
Arnaud Gaudet tire le meilleur parti d’un parcours laborieux
Par ailleurs, le premier duel d’Arnaud Gaudet à des Championnats du monde a eu lieu dimanche au slalom géant en parallèle.
Le planchiste de 22 ans a atteint le tableau éliminatoire à Bakouriani et s’est classé 14e dans des conditions particulièrement difficiles pour bien des athlètes.
La piste était en mauvais état en ouverture des mondiaux présentés en Géorgie. Aux dires des athlètes, le parcours rouge était le plus accidenté et difficile à négocier. Dans les rondes finales, l’Autrichien Alexander Payer, éventuel médaillé de bronze, a été l’auteur des deux seules victoires signées dans le corridor rouge.
«Beaucoup de gens sont fâchés ! On avait l’air de débutants à la télévision et ce n’était pas terrible. La neige n’était pas belle, mais je suis content d’avoir fait les finales», a commenté Arnaud Gaudet, qui était opposé au Suisse Dario Caviezel au premier tour éliminatoire.
Classé quatrième des qualifications, Caviezel avait l’avantage de choisir son parcours et, comme tous ceux qui se sont trouvés dans cette position, il a décidé de s’élancer dans le bleu, le plus rapide des deux.
Le Suisse a connu un bon départ et a vite pris les devants dans ce duel. Il s’est forgé une avance de 1,12 seconde au deuxième intermédiaire pour finalement franchir la ligne d’arrivée 1,41 seconde avant le Québécois.
«Je savais que j’allais être dans le parcours plus lent et que j’allais devoir donner tout ce que j’avais. Ça fait partie du jeu. Ils ont changé des portes pour les finales afin de rendre ça plus équitable, mais ça n’a pas changé grand-chose !» a repris Gaudet, 13e des qualifications.
«Au final, je suis vraiment content d’avoir coursé en finale. J’ai suivi mon plan de match, même si j’ai commis quelques erreurs. Pour passer dans le rouge, il fallait connaître une excellente descente aujourd’hui ou être chanceux et profiter d’une grosse erreur de son adversaire», a poursuivi l’Olympien qui est davantage un spécialiste du slalom en parallèle.
Dario Caviezel a poursuivi son chemin jusqu’en grande finale. Il a accusé un retard de 26 centièmes de seconde sur le Polonais Oskar Kwiatkowski, nouveau champion du monde. Alexander Payer a vaincu son compatriote et champion olympique Benjamin Karl en petite finale.
Sommet personnel
En février, Gaudet avait signé une 17e place à la Coupe du monde de Blue Mountain et avait ainsi raté le tableau éliminatoire par seulement 2 centièmes de seconde. Un résultat qui paraît frustrant à première vue, mais dont se réjouissait le Québécois, heureux d’avoir obtenu le meilleur résultat de sa carrière à cette épreuve.
Il était tout aussi satisfait de finir 14e dimanche aux mondiaux. La seule fois où il s’était qualifié pour les finales au slalom géant en parallèle, c’était en 2019, à la Coupe du monde de Carezza. Gaudet pointait alors au 14e rang provisoire jusqu’à ce que l’événement soit annulé en raison des conditions météorologiques.
«J’ai réellement coursé pour la première fois en finale, alors déjà, j’étais content de ma journée. J’espère que les conditions seront meilleures pour le slalom en parallèle cette semaine. Ça se passe bien à l’entraînement et je sais que je peux faire un bon résultat», a-t-il conclu.