Les bagarres en perte de popularité dans la LHJMQ

La Ligue de hockey junior majeur du Québec entend se montrer plus sévère l’an prochain contre les joueurs qui vont se battre.

Si la nouvelle réglementation est adoptée en juin, les joueurs impliqués dans une bagarre vont automatiquement être expulsés de la partie.

Chez le Phoenix de Sherbrooke, cette mesure reçoit un accueil favorable même si la possibilité de les enrayer complètement semble irréaliste.

Deux époques

Il y a une trentaine d’années, les bagarres au hockey junior étaient coutume.

Heureusement, depuis, avec le resserrement de la réglementation, elles ont considérablement diminué.

À l’époque où Stéphane Julien, actuel entraîneur-chef du Phoenix, évoluait avec les Faucons au milieu des années 1990, il y avait en moyenne 2,4 combats par match.

Cette saison, on en dénombre 0,14 par match, ou environ une à chaque sept parties.

Le défenseur du Phoenix Kaylen Gauthier a jeté les gants à deux reprises cette saison. Il est d’accord avec les dirigeants du circuit qui souhaitent punir les joueurs qui se battent en les expulsant de la partie.

Selon lui, les bagarres surviennent principalement dans le feu de l’action, après un coup vicieux. Elles ne sont plus planifiées comme dans le passé.

«Veux, veux pas, ça ne fait plus partie du hockey les bagarres, tant que ça, a-t-il avancé. Ça va arriver, mais ce n’est plus une stratégie comme avant. Ce n’est plus nécessaire.»

Chez le Phoenix depuis le début de la saison, 16 joueurs ont été impliqués dans un combat. C’est l’équivalent d’une bagarre toutes les trois parties et demie.

Pour l’entraîneur-chef, elles ne disparaîtront jamais complètement. Mais réprimander plus sévèrement les coups vicieux pourrait contribuer à les diminuer considérablement.

«Les coups à la tête, ou les coups qui sont disgracieux devraient être punis peut-être plus sévèrement si on veut enlever les bagarres, a enchaîné Julien. Souvent, c’est le premier facteur.»

Les coups à la tête, le vrai fléau?

Louis Bédard a joué le rôle de dur à cuire avec les Faucons dans les années 1990.

Il a livré près d’une centaine de combats au niveau junior.

Il agit maintenant comme consultant auprès de jeunes joueurs, les accompagnant et conseillant dans leur préparation mentale pour mieux gérer le stress et leurs émotions.

«Je suis vraiment en faveur que le rôle [de dur à cuire] soit appelé à disparaître, a-t-il lancé. Personnellement, ce n’est pas quelque chose que je referais.»

Si jadis, une bagarre pouvait changer le cours d’un match, aujourd’hui, le jeu est plus axé sur la vitesse et la rapidité d’exécution.

Louis Bédard prône aussi une plus grande sévérité envers les gestes et contacts violents.

«Peut-être qu’à mon époque il y avait plus de commotions par rapport aux bagarres, mais maintenant, c’est par rapport aux coups à la tête et aux mises en échec», a-t-il conclu.