Un autre duel mémorable au Tour de France – TVA Sports
CAUTERETS – Bien malin celui qui pourra prédire le vainqueur de ce 110e Tour de France après un autre combat mémorable entre Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard lors de la 6e étape où les deux champions se partagent les honneurs à la ligne d’arrivée.
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Dans la brume, avec quelques traces de neige à l’horizon, Pogacar et son maillot blanc immaculé ont remporté en solitaire cette deuxième grande étape pyrénéenne. Derrière lui, à seulement 24 secondes, Vingegaard s’empare toutefois du maillot jaune.
Le vainqueur du Tour 2022 retrouve donc la précieuse tunique avec une avance de 25 secondes tandis que Jai Hindley complète le podium provisoire, à 1m 34s. Le leader australien a limité les dégâts avec une 6e place au sommet.
Réplique immédiate
Si le Danois avait surpris par son aisance à décrocher son adversaire la veille, la réplique est venue immédiatement de Pogacar, qui lui a fait le même coup avec une attaque irrésistible à laquelle l’autre n’a pu répondre dans les trois derniers kilomètres. Les doutes se sont vite dissipés sur l’état du Slovène, qui malgré sa blessure au poignet au printemps, rafle une autre victoire d’étape à seulement 24 ans.
«C’est ma 10e victoire d’étape… attention, Mark Cavendish, je me dirige vers toi! Il est certain que si cela s’était passé de la même façon, j’aurais commencé à me dire que je n’avais plus qu’à rentrer chez moi. Mais finalement ça s’est très bien passé et cela me donne de l’espoir pour la suite du Tour», a expliqué Pogacar, qui a baissé la tête au lieu de bomber le torse au photo finish.
Pour continuer la lutte, Vingegaard pourra toujours profiter du travail colossal chez Jumbo de Wout van Aert et du phénoménal grimpeur américain Sepp Kuss, ancien vainqueur au mont Mégantic en 2016.
Chacun son tour
«Tadej était vraiment fort, il mérite sa victoire d’étape. Ce n’est pas une surprise pour moi de le voir rebondir. Il en est capable et c’est ce qui peut rendre le Tour très excitant», a affirmé Vingegaard en retour.
Vêtu de bleu, Adrien, un Français très âgé qui peinait à se tenir debout, à Cauterets, a bien résumé les rounds de boxe que se livrent les deux belligérants.
«C’est chacun son tour. Ils sont aussi forts l’un que l’autre», a-t-il lancé avec un accent très prononcé pendant que les haut-parleurs du Bistro du Boulevard crachaient le Bal masqué de La Compagnie créole. «Le vélo, c’est bien mieux que le foot. C’est beaucoup plus dur », a ajouté le fier supporteur.
Un grand ménage
Les deux grands favoris du Tour ont fait le ménage au sein du peloton en montant au col du Tourmalet, avant de régler leurs comptes au plateau de Cambasque pour un énième duel sportif excitant. Pogacar avait le couteau entre les dents, mais Vingegaard a géré son effort puisque la confrontation ne fait que commencer. Malheureusement pour les autres concurrents, il ne reste que des miettes à se mettre sous la dent.
Le dernier à craquer fut l’ancien champion du monde polonais Michal Kwiatkowski. L’échappée était condamnée à mourir, écrasée par deux fusées humaines qui refusent de négocier.
