«Ce n’est pas mon but de partir une controverse» – Fucale – TVA Sports

En s’entendant sur un contrat de deux saisons avec le Traktor de Tcheliabinsk, en KHL, l’ex-gardien du Canadien Zachary Fucale savait que son choix ferait des remous étant donné le contexte actuel en Russie. «J’aimerais juste qu’on comprenne la nuance. Je ne suis pas un politicien, je joue au hockey», a-t-il confié au Journal.

Depuis que le Canadien en a fait le 36e choix au total du repêchage de 2013, Fucale a persévéré, lui qui a principalement traîné ses valises entre la Ligue américaine et la ECHL.

En 2021-22, il a vu son rêve se concrétiser lorsqu’il a participé à quatre rencontres dans la LNH avec les Capitals, décrochant même un improbable jeu blanc à son premier départ.

Après une autre saison avec les Bears de Hershey l’hiver dernier, son contrat a pris fin et c’est vers la KHL qu’il vient de se tourner pour poursuivre sa carrière.

«Je me suis posé des questions et j’ai parlé à plusieurs personnes qui ont joué là-bas ou qui sont encore là-bas. J’ai pris ma décision en me basant sur le hockey. Je ne vais pas parler de géopolitique et tout ce que je vais dire, c’est que la KHL n’a pas été affectée [par la guerre en Ukraine] l’an passé. C’est ma décision parce qu’au niveau hockey, c’est la meilleure chose pour moi, tout simplement. La Russie et la KHL, c’est deux choses», a-t-il expliqué.

Des avis positifs 

Crédit photo : PHOTO COURTOISIE HOCKEY CANADA

Quand Fucale mentionne qu’il a demandé l’avis de certains joueurs, il fait notamment allusion à son bon ami l’attaquant québécois Philippe Maillet, qui vient de s’entendre avec le Rocket de Laval. Ce dernier a passé les deux dernières saisons à Magnitogorsk, dans la KHL, à quelques heures de route d’où Fucale évoluera.

Il a aussi discuté avec Evgeny Kuznetsov, qu’il a connu à Washington et qui est natif de Tcheliabinsk.

«Je ne connais pas grand-chose de la place, à part ce que des gens m’ont dit. Je sais que c’est assez loin, au beau milieu de la Russie.

«Je comprends bien sûr en ce moment que le contexte géopolitique est délicat. Personnellement, j’essaie de rester le plus loin possible de ces conversations parce que ma vie, c’est de jouer au hockey. Les gens dans la vie peuvent se faire offrir des emplois un peu partout dans le monde. Tout comme moi, je me suis fait offrir une job, j’ai posé mes questions, j’ai fait mes devoirs, j’ai pris ma décision et c’est tout», a-t-il indiqué.

Le rêve toujours en vie

Crédit photo : Ben Pelosse / Le Journal de Montréal

Le Québécois de 28 ans continue de s’accrocher au rêve de la LNH, même s’il est pleinement conscient que les années défilent.

«La LNH, c’est toujours sur mon radar. Il y a toujours une possibilité de revenir. Est-ce que c’est mon objectif absolu? C’est cliché, mais j’essaie de ne pas regarder trop loin en avant. On ne sait jamais ce qui va se passer. 

«Pour moi, c’est important d’être fier de ce que j’ai accompli jusqu’à date et je pense que j’obtiens une belle opportunité de jouer dans la meilleure ligue en Europe. C’est déjà un accomplissement et ça peut ouvrir d’autres portes dans le futur», a-t-il fait valoir.

Fucale prendra la direction de la Russie en août pour le camp d’entraînement de sa nouvelle équipe. Sans avoir reçu de promesses, il s’attend à voir beaucoup de glace si son rendement est à la hauteur.

«Il y a trois imports dans notre équipe. Je suis un gardien et je vais prendre l’un des trois postes d’imports, donc chacun peut tirer ses conclusions. L’équipe va essayer de me faire jouer le plus possible, mais tout va dépendre de moi et ma performance», a-t-il analysé.

Un souhait

Avant de raccrocher, Fucale a lui-même demandé une dernière mise au point.

«J’espère vraiment que quelque chose de positif peut ressortir de ça. Mon but, c’est de profiter d’une belle opportunité de jouer dans le meilleur calibre possible. Ce n’est pas mon but de partir une controverse pour une décision professionnelle et personnelle», a-t-il conclu.