Le football québécois perd un précurseur : Ian Breck – TVA Sports

Entraîneur-chef pendant les grandes années des Gaiters de Bishop’s qu’il a mené à trois demi-finales canadiennes pendant ses 11 saisons à la barre de l’équipe, Ian Breck a laissé son empreinte sur le football québécois.
Emporté par le cancer, dimanche matin, entouré de sa famille à l’âge de 76 ans, Breck a donné ses lettres de noblesse au programme de football des Gaiters. Embauché comme adjoint du légendaire Bruce Coulter en 1984, Breck a pris les rênes de l’équipe en 1988 et il a immédiatement atteint le carré d’as du football universitaire canadien. Il a conduit les Gaiters aux séries éliminatoires à dix reprises, conservé une fiche de 51 victoires, 25 défaites et deux verdicts nuls et fut intronisé au Temple de la renommée de l’institution en 2017.
Adjoint chez les Gaiters de 1991 à 1994, Glen Constantin a fait ses classes auprès de Breck qui comptait aussi parmi ses adjoints Jacques Chapdelaine et Tom Allen. « Ian était un précurseur qui a rehaussé le football au Québec, a mentionné l’entraîneur-chef du Rouge et Or de l’Université Laval. Ce qu’il a fait à Bishop’s, c’était du jamais vu au Canada. Il opérait comme un programme aux États-Unis. C’est le premier programme qui misait sur plus qu’un entraîneur à temps plein. Pendant la saison morte, on avait chacun nos tâches et le football prenait toute la place à compter du mois d’août quand le camp d’entraînement débutait. »
« Son arrivée comme entraîneur-chef a changé la donne à Bishop’s, de poursuivre Constantin. C’était un leader et un meneur d’hommes qui savait bien s’entourer. C’est impressionnant tout ce qu’il a accompli avec peu de ressources. »
Proche ami de Breck et coordonnateur défensif sous ses ordres alors qu’il occupait également le poste de directeur des sports à Bishop’s, Tom Allen a salué les réalisations de Breck. « C’est incroyable qu’une petite école comme Bishop’s ait atteint la demi-finale canadienne à quatre reprises (1986, 1988, 1990 et 1994), a-t-il souligné. Nous avions de bonnes équipes et une participation à la Coupe Vanier est tout ce que nous avons raté. Le football, c’était sa vie. Même s’il était malade depuis cinq ou six ans, il était encore impliqué avec le programme de Lakeshore et il donnait aussi un coup de main à Pat Gregory à John Abbott. Je lui ai parlé pour la dernière fois il y a deux semaines. »
Recruteur hors pair
Allen et Constantin sont unanimes sur les qualités de recruteur de Breck. « C’était l’un des meilleurs recruteurs, a affirmé Allen. Il appelait encore et encore et ça fonctionnait. Il était incroyable. Il demandait beaucoup de ses adjoints et de ses joueurs, mais il était aussi très exigeant pour lui-même. »
« Il m’a tout montré sur le recrutement, de renchérir Constantin, qui a été dirigé par Breck lors de ses deux saisons avec les Cougars du Collège Champlain. Il me demandait de m’asseoir dans la causeuse de son bureau et d’écouter comment il parlait aux jeunes et à leurs parents. Ce fut une très, très bonne école de travailler sous ses ordres. Je me suis inspiré de son modèle du double tâche quand j’ai été nommé entraîneur-chef à Laval en 2000 avant qu’on puisse embaucher des coachs à temps plein. »
S’il a passé le flambeau à Mathieu Bertrand depuis deux ans, Constantin avait toujours été le responsable du recrutement depuis ses débuts à Laval en 1996.
Parmi les grands joueurs qui ont évolué sous les ordres de Breck, on retrouve entre autres Leroy Blugh, Tom Europe et Ray Bernard qui ont connu de longues carrières dans la LCF après avoir brillé dans les rangs universitaires.
