Bruce Arthur : Le changement doit venir du sommet, que Hockey Canada soit prêt à l’admettre ou non

À un moment donné, on a demandé à Andrea Skinner si elle avait peur du changement. Elle est la première femme présidente du conseil d’administration de Hockey Canada, bien qu’à titre intérimaire, et elle n’a même pas 40 ans. La réponse évidente aurait pu être que le changement n’est pas quelque chose qui l’inquiète.

Mais ce n’est pas la réponse que l’on donne quand on défend une institution, peu importe ce qu’elle a fait.

“Je crois que nous avons changé, que nous continuons à changer”, a dit Mme Skinner, au milieu de deux heures de témoignage aux côtés de l’ancien président Michael Brind’Amour, devant le Comité permanent du patrimoine de la Chambre des communes. ” Je pense qu’il y a un risque important pour l’organisation si l’ensemble du conseil d’administration démissionne, et que l’ensemble des hauts dirigeants ne sont plus là “.

“Je pense que cela aura un impact très négatif sur nos garçons et nos filles qui jouent au hockey”. Les lumières resteront-elles allumées à la patinoire ? Je n’en sais rien. Nous ne pouvons pas le prédire.”

Dans l’isolement, il aurait pu s’agir d’un dérapage ; au fil des témoignages des dirigeants de Hockey Canada cette année, c’était un autre exemple de l’arrogance qui grandit lorsqu’on croit trop fort à la foi. Les lumières resteront-elles allumées à la patinoire ? Les lames de patins rouilleront-elles, les rondelles s’effriteront-elles, la glace fondra-t-elle et s’écoulera-t-elle dans les rues ? Qui sauvera le hockey, qui, avant que les lumières ne s’éteignent ?

C’était une telle insulte, un tel sac de hockey surchargé de suffisance, une telle insulte aux bonnes gens qui donnent de leur temps et de leur argent, qui ne partagent pas la superstructure lucrative et qui croient en ce sport pour les bonnes raisons. Hockey Canada a engagé le géant des relations publiques Navigator Communications pour l’aider dans tout cela. Bon sang, imaginez s’ils ne l’avaient pas fait.

Tout cela faisait partie intégrante d’une autre journée au cours de laquelle les dirigeants de Hockey Canada ont semblé confondre les bonnes choses du sport avec les personnes qui le gouvernent. Skinner a déclaré que Hockey Canada était victime de “désinformation substantielle et d’attaques indûment cyniques”, sans préciser exactement comment. Cela correspond à le sondage que Hockey Canada a envoyé à ses membres et qui demandait, entre autres, s’ils croyaient que les critiques des médias à l’égard de l’organisation étaient exagérées.

Mais Hockey Canada a un problème d’information, n’est-ce pas ? M. Skinner a défendu le fait que Hockey Canada n’a remis les procès-verbaux des réunions du conseil d’administration au comité qu’un jour avant l’audience, affirmant que le personnel était dépassé par l’examen de la gouvernance commandé par Hockey Canada et dirigé par l’ancien juge de la Cour suprême Thomas Cromwell. Le soi-disant Fonds en fiducie pour l’héritage des participants, tel que déterré par le Globe and Mail, n’a pas été divulgué au comité, et des questions entourent la raison pour laquelle il continue d’exister.

Par-dessus tout, Skinner semblait être là pour défendre l’idée que le statu quo était la meilleure voie vers le changement, que maintenant que Hockey Canada a vu l’erreur de ses façons de faire, il est uniquement qualifié pour les réparer. Étrangement, les deux fois où l’on a demandé à Mme Skinner d’énumérer les qualités inestimables du chef de la direction de Hockey Canada, Scott Smith, elle a été momentanément désemparée, comme si elle avait trouvé un orignal dans sa cuisine.

Mais elle a dit que ce n’était pas le moment de retirer le leadership, a appuyé Smith et a défendu la compétence du conseil. Et, peut-être notamment, Skinner a défendu le point de départ de tout ce scandale : l’agression sexuelle collective de 2018 à London, en Ontario, impliquant huit joueurs après un gala de l’équipe du championnat du monde junior. Cette affaire a été réglée à l’amiable plus tôt cette année avec un fonds dans lequel l’argent provient des inscriptions des joueurs.

Une voie ici a toujours été claire : la transparence avant tout. Hockey Canada ne peut à lui seul résoudre les problèmes culturels tissés dans le tissu du hockey dans ce pays, car ils sont plus profonds qu’un organe directeur distant et apparemment hors de portée. Les plans d’action que Hockey Canada dit avoir mis en place sont du papier jusqu’à ce qu’ils soient quelque chose de plus.

Mais si vous voulez réparer les gouffres culturels du hockey, vous devriez être prêt à ouvrir les livres et à expliquer exactement comment vous êtes mal caractérisés, et quelles décisions ont été prises, et pourquoi. Smith n’a pas révélé l’existence du soi-disant Fonds national d’équité, qui a été utilisé pour payer le règlement de 2018, dans son témoignage en juin. Skinner n’a pas voulu aller au-delà d’une intention déclarée d’envisager de renoncer à tout accord de non-divulgation antérieur sur une base individuelle, comme Hockey Canada l’a fait avec la victime de cette agression collective de 2018.

Skinner est avocate, a joué au hockey à Cornell et vient d’une famille de hockeyeurs – son frère Jeff est dans la 12e année de sa carrière dans la LNH et a participé à trois championnats du monde juniors pour le Canada. Elle se soucie clairement de ce sport.

Mais ce n’est pas un argument pour dire à juste titre que toute la société a un problème d’agression sexuelle, ce que Skinner a fait, car personne ne dit que nous devrions nous concentrer uniquement sur Hockey Canada à l’exclusion de tout le reste. Ce n’est pas un argument pour prétendre à la désinformation au nom d’une organisation qui a caché une sacrée quantité d’informations. Ces audiences de la commission parlementaire sont utiles car le gouvernement fédéral ne peut pas imposer de changement à une fédération qui a suffisamment de sponsors pour surmonter le gel du financement fédéral ; ce sont les membres et les sponsors qui peuvent apporter des changements, et personne d’autre. Les audiences forcent la responsabilisation, d’une sorte limitée.

Jusqu’à présent, la direction actuelle de Hockey Canada ne semble pas pouvoir présenter une défense raisonnable pour expliquer pourquoi elle devrait rester la direction de Hockey Canada. Et cela doit changer.

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