Capitales: quelle soirée de fou à Québec – TVA Sports

Québec a été le théâtre d’une des plus belles soirées de baseball de son histoire, samedi, grâce à une sixième manche complètement folle au cours de laquelle les Capitales ont inscrit 10 points, forçant du même coup la tenue d’un match ultime contre les Jackals du New Jersey.

Pourtant, pendant un long moment, rien ne laissait présager que les champions en titre de la Ligue Frontier seraient de retour en action au Stade Canac, dimanche en fin d’après-midi, pour la troisième rencontre de cette série de section, grâce à ce gain de 14 à 2. 

Les bâtons des joueurs de Patrick Scalabrini semblaient froids. Et pendant cinq manches, au monticule, le partant des Jackals du New Jersey, John Baker, était pour sa part tout feu, tout flamme, éclipsant celui des Capitales, Steven Fuentes, qui avait pourtant été l’un des meilleurs du circuit cette saison. 

Québec n’avait d’ailleurs frappé aucun coup sûr en quatrième manche. 

Au revoir Baker, bonjour la remontée

Mais ça, c’était jusqu’à ce que Baker ne cède sa place en sixième sur un pointage de 2 à 2 et que, un à un, les frappeurs de Québec commencent à cogner la balle avec aplomb. 

Un à un, littéralement, ou presque, car hormis Justin Gideon – les partisans de l’équipe, qui avaient à nouveau rempli le Stade Canac à pleine capacité, lui pardonneront sans doute -, tous les joueurs ont croisé le marbre durant la manche. 

Greg Bird a été le premier à se rendre sur les coussins après avoir été atteint près du coude par le remplaçant de Baker, Cody Whitten.

Lorsque l’ancien joueur des Yankees est revenu au bâton, neuf frappeurs plus tard, il a cogné un grand chelem aux dépens d’un autre artilleur, Gleyvin Pineda, catapultant son offrande derrière la clôture du champ centre. 

«Ç’a été un match intense, mais le fun!» a lancé celui qui en était à sa 12e rencontre dans l’uniforme des Capitales. 

Bird ne voulait toutefois pas prendre trop de crédit pour cette sublime remontée, préférant placer ses coéquipiers et son gérant sous les projecteurs. 

«J’ai trop de respect pour eux, a-t-il ajouté. […] Les gars ont réussi à se rendre sur les sentiers, ils ont mis la table pour moi. Moi, j’ai seulement essayé de mettre le bâton sur la balle.»

Décision renversée, lancers ratés et célébrations

Pas trop de crédit, non, malgré sa puissante frappe, car entre-temps, il y avait eu un peu de tout dans cette fameuse manche qui a enflammé un stade jusque-là plutôt assommé. 

Une décision de l’arbitre renversée au profit de David Glaude, des lancers ratés de Whitten qui ont poussé des joueurs des Capitales au marbre, beaucoup de coups sûrs, dont le deuxième du match de T.J. White et de son doigt cassé, ainsi que des huées dans les gradins et des célébrations au banc…

Mais la plus grande célébration aura été celle de Juremi Profar sur son circuit solo qui a suivi la frappe de quatre points de Bird, lui qui a contourné les buts en levant les bras vers le ciel, avant d’aller rejoindre ses coéquipiers pour fêter. 

Son entraîneur n’était pas aussi expressif après le match, mais il était tout de même tout sourire. Surtout que la veille, ses protégés avaient encaissé un revers douloureux en 10e manche

Mais une fois de plus, à l’image de cette saison durant laquelle ils ont longtemps été loin des séries avant de remonter la pente, ils ont réussi à faire tourner le vent (ou les coups sûrs) en leur faveur. 

Scalabrini ne se souvenait d’ailleurs pas de la dernière fois qu’il avait vécu une manche de 10 points. Et surtout pas en éliminatoires, alors que l’enjeu est aussi grand. 

Mais celle-ci, a-t-il aussi dit, il n’est pas prêt de l’oublier. 

Il n’aurait pas voulu être leur lanceur

Et ce que le gérant n’est pas prêt d’oublier non plus, c’est la clameur de la foule dans le stade. Après le revers face aux Jackals vendredi, Scalabrini avait mentionné que son équipe aurait besoin de l’amour de ses partisans. 

Elle y a eu droit, notamment quand Bird a frappé son grand chelem. 

«Le bruit, c’était tellement fort! Je n’aurais pas aimé être leur lanceur, on leur mettait la pression, on avait les buts pleins et la foule était tellement bruyante», a-t-il rappelé. 

«C’est ce que j’ai vendu à nos joueurs durant la saison morte et après [le match de samedi soir], je pense qu’ils vont pouvoir admettre que je n’ai pas menti», a ensuite lancé Scalabrini en riant. 

Garder la vibe, mais…

Mais les célébrations allaient être de courte durée, a-t-il assuré. Les Capitales seront de retour sur le terrain dimanche à 17 h 05 (les billets sont en vente sur leur site officiel) pour y disputer un deuxième match décisif en autant de jours. 

Ils ont donc «une grosse journée devant eux», a déclaré l’entraîneur. 

«Je pense que les gars comprennent l’enjeu de la situation. Tout comme [vendredi], quand il fallait revenir rapidement et rester égal dans notre humeur, je pense qu’il faut, sans dire tourner la page, parce qu’il faut garder cette impression et cette vibe-là, mais il faut retomber rapidement sur nos pieds.»

 Retomber sur leurs pieds, dans l’espoir que cette saison qui ne semblait aller nulle part se poursuive.