Des airs de «Slap Shot» chez les Capitales – TVA Sports
Les fins connaisseurs du film Slap Shot qui ont cru apercevoir le personnage culte de Ogie Ogilthorpe sur le terrain des Capitales au Stade Canac n’ont pas la berlue. Le nouveau venu Ryan Roell arbore fièrement le look du célèbre dur à cuire avec sa chevelure abondante, mais là s’arrêtent toutes comparaisons.
Roell a causé une belle surprise au camp d’entraînement en se taillant une place au sein de l’alignement. Ce n’est pas un, ni deux, ni trois, mais bien quatre grands chelems en matchs préparatoires qui ont forcé la main du gérant Patrick Scalabrini.
Malgré un début de saison régulière plutôt difficile avec un seul coup sûr en onze présences au bâton, Roell se pince pour croire qu’il est réellement à Québec.
Pour les mordus de balle, ou de hockey, rien de plus simple pour repérer le nouveau venu. Comme l’intimidant Ogilthorpe dans l’indémodable Slap Shot, la coupe afro est bien en vue.
En discutant avec lui, toutefois, il est facile de réaliser que le jeune homme de 25 ans n’a absolument rien du terrorisant bagarreur qu’il s’amuse à personnifier.
«J’ai grandi dans un bel environnement de hockey à Pittsburgh. Tous mes cousins jouaient. Je suis très familier avec le film Slap Shot et j’adore la comparaison, c’est parfait», a souri le sympathique frappeur désigné avant une rencontre cette semaine.
Entre deux personnages
Roell, qui ne semble pas se prendre trop au sérieux, est déjà apprécié de ses nouveaux coéquipiers. Si certains le rebaptisent Ogie, d’autres optent pour un autre personnage, Kenny Powers, de la série de baseball Eastbound & Down.
Dans cette fiction, Powers est un lanceur qui a tendance à se faire des ennemis partout où il passe en raison de sa personnalité abrasive. Encore là, tout le contraire de Roell!
«Plusieurs me surnomment KP, pour Kenny Powers. Je vais le prendre aussi. C’est une bonne référence de baseball et c’est un bon show de télé. Ça permet à mes coéquipiers de rire un peu et je ne pourrais pas être plus heureux d’être ici. Québec est une ville fantastique et chaleureuse», s’est-il exprimé.
Même s’il mord dans l’aventure du baseball, le joueur de 6 pi et 235 livres ne cache pas que c’est le hockey qui a été son premier amour.
«J’ai toujours été un fan fini des Penguins et quand j’ai commencé à me laisser pousser les cheveux un peu, c’était à la base en souvenir de [Jaromir] Jagr et [Mario] Lemieux en 1992. J’ai pu apprécier Mario vers la fin de son parcours et Sidney Crosby a toujours été mon joueur», a-t-il lancé.
Une belle ascension
Si Roell ne frappe pas pour le moment, son bâton ne l’a pas souvent trahi au cours de son parcours dans le baseball. Au sein du petit programme de division 2 de Frostburg State, dans la NCAA, il a frappé pour ,360 avec 21 coups de circuit et 73 points produits en 289 présences au bâton.
Roell sait fort bien que les quatre grands chelems frappés lors du camp ne signifient plus rien, mais il se réjouit que ces bombes lui aient permis de se faire remarquer.
«Ce qui m’a aidé, c’est que toute ma vie, j’ai toujours trouvé le moyen de frapper. C’est ma force. Au camp d’entraînement, j’ai compris que j’avais ma place ici. Je voulais vraiment faire partie de cette équipe. J’ai été chanceux que les joueurs qui frappaient devant moi se soient rendus sur les buts. Je n’ai pas eu souvent cette chance avant de frapper avec les buts remplis», a-t-il souligné en ne s’accordant aucun mérite.
Les ressemblances de Ryan Roell avec certains personnages ont de quoi amuser, mais il sait se faire traiter avec sérieux par son parcours dans le baseball.
«C’est toute une aventure que je vis, surtout en raison du fait que je viens d’un petit programme universitaire. C’est beaucoup plus dur de se faire remarquer dans ce contexte. Il y a aussi le coronavirus qui a écourté une saison [2020]. Je suis quand même reconnaissant d’avoir vécu tous ces moments», a confié le volubile athlète.
Les moments auxquels il réfère, ce sont aussi deux saisons dans le programme des Black Sox, une équipe itinérante qui se déplace partout aux États-Unis, sans domicile fixe.
«Je respecte vraiment ce que les Black Sox font et depuis deux ans, Ryan était leur meilleur frappeur. J’ai vraiment aimé son élan et je le gardais dans ma poche arrière pour cette saison», a mentionné Scalabrini.
«On ne le connaît pas encore beaucoup, mais on voit que c’est un gars hyper aimable et serviable. Je le voyais discuter avec quelqu’un dans nos bureaux dernièrement et il offrait son aide. C’est toujours ce genre d’attitude qu’on recherche chez les Capitales.»
Première présence au pays
Lorsqu’il s’est présenté au camp d’essai de la Ligue Frontier, Roell avait entendu de bonnes choses sur le marché et l’organisation de Québec. Il espérait une invitation pour découvrir la ville où il n’avait jamais mis les pieds.
«C’était la toute première fois que je sortais des États-Unis quand je me suis présenté au camp d’entraînement, après avoir obtenu mon passeport.
«Pendant deux saisons, j’ai vraiment bûché avec les Black Sox, donc ça me rend tellement heureux d’être ici. Une équipe itinérante, c’est la définition d’une corvée. J’ai eu du bon temps et j’ai appris beaucoup, mais les déplacements incessants deviennent difficiles. Ça fait en sorte que tu veux encore plus travailler pour obtenir ta chance d’être dans une équipe stable», a-t-il expliqué.
Roell ne se fait pas d’attente sur son rôle dans l’équipe, mais souhaite seulement contribuer aux succès des Capitales.
«Mon objectif, c’est de gagner. Il y a une belle tradition gagnante dans cette équipe. Pat [Scalabrini] s’attend à ce qu’on gagne et il a des exigences. Je veux jouer pour un gérant comme lui et je l’apprécie. Quand il est dur avec nous, c’est une bonne chose.»
