Les dessous d’une formidable avancée pour le hockey féminin – TVA Sports

La gardienne étoile d’Équipe Canada Ann-Renée Desbiens a commencé à jouer au hockey il y a plus de 20 ans. À cette époque, il était carrément inenvisageable, pour la très grande majorité des femmes, d’espérer vivre adéquatement sur la stricte base du métier d’hockeyeuse. 

Pendant ce temps, des milliers de joueurs de hockey (et pas seulement ceux de la LNH) d’un peu partout à travers le monde payaient très bien leurs factures grâce à leur profession. Et ils le faisaient depuis un bon moment déjà. 

Heureusement, les choses évoluent. 

Bientôt, Desbiens et plusieurs autres femmes pourront se targuer de faire partie de la Professional Women’s Hockey League (PWHL), un tout nouveau circuit réunissant les joueuses de la Premier Hockey Federation (PHF) et la Professional Women’s Hockey Players’ Association (PWHPA).

Ce circuit, ont récemment annoncé les deux groupes, comprendra six équipes (Montréal, Ottawa, Toronto, Boston, New York et Minnesota) et verra son calendrier de 24 matchs s’ouvrir en janvier prochain. 

Mais la création d’une ligue comme la PWHL signifie surtout le début d’une ère où, enfin, les joueuses professionnelles pourront… être traitées comme tel.

Le salaire annuel moyen des joueuses sera au départ de 55 000 $ US, alors que six patineuses par club toucheront plus de 80 000 $ US annuellement. Et au-delà de ces intéressants montants, confie Desbiens en entrevue avec le TVASports.ca, plusieurs autres éléments rendent le circuit très attrayant. 

«C’est une très belle journée pour le hockey féminin! Les équipes joueront dans des amphithéâtres modernes. Nous aurons maintenant accès à des soigneurs et à des installations, comme des salles d’entraînement, de grande qualité. Des congés de maternité, des assurances diverses et de l’aide au logement ont aussi été ajoutés à la convention.»

Long processus 

La création de la PWHL constitue une superbe nouvelle, mais ne s’est pas faite en criant «ciseaux». 

Tout a commencé lorsque la Ligue canadienne de hockey féminin (CWHL) a, après 12 saisons, fermé ses portes en 2019. 

«Les filles n’étaient pas très positives quant à l’ambiance et aux conditions de travail des autres circuit», raconte Desbiens. 

Crédit photo : Les Canadiennes

«On alors décidé de former une association des joueuses pour améliorer notre sort. Ultimement, on a travaillé sur ce projet-là pendant trois ans. On a fait des tournées en Amérique du Nord pour, on a fait des études de marché et on a fait appel au cabinet Deloitte pour approfondir le dossier. 

«On a finalement trouvé des investisseurs, Mark Walter et Billie Jean King, qui croyaient vraiment en nous et qui nous ont aidé à faire aboutir le projet que le voit aujourd’hui.»

«Je ne serais pas surprise de revoir les Canadiennes…»

Le repêchage de la PWHL se tiendra le 18 septembre prochain, alors que les six équipes pourront, lors de 15 rondes, sélectionner parmi 300 joueuses. 

«Un groupe formé de neuf membres des fédérations internationales a récemment classé ces patineuses, explique la gardienne. Il s’agira du bassin des filles qui seront rendues disponibles aux équipes pour le repêchage et le marché de l’autonomie.»

Chaque formation pourra, avant le repêchage, mettre sous contrat trois hockeyeuses (entre le 1er et le 10 septembre prochain). Au total, 28 joueuses prendront part au camp d’entraînement des différents clubs. 

Québécoise, Ann-Renée Desbiens aimerait assurément se retrouver sous les couleurs de l’équipe de Montréal. D’ailleurs, on ne connaît toujours pas le nom de cette équipe qui pourrait, selon certaines rumeurs, évoluer à la Place Bell de Laval. 

«Mais je ne serais pas surprise de revoir les Canadiennes…», de confier en terminant notre interlocutrice, un sourire dans la voix.