Les têtes au soccer, dangereuses pour le cerveau?

Frapper un ballon de la tête est un des gestes les plus banaux qui peut survenir pendant un match de soccer. Pourtant, cette action pourrait endommager le cerveau, selon une nouvelle étude.

L’institut de sport de l’Université Manchester Metropolitan a conduit une expérience pour déterminer l’impact que 20 frappes de la tête consécutives peuvent avoir sur la réponse cognitive d’un individu.

D’un côté, 30 personnes cognaient réellement le ballon. De l’autre, 30 autres imitaient ce geste à l’aide d’un casque de réalité virtuelle.

Avant et après avoir enchaîné ces 20 frappes, les participants ont complété le test King-Devick, un exercice permettant d’évaluer leur performance cognitive.

Les chercheurs ont constaté une amélioration nette lors du deuxième test pour le groupe ayant simulé de cogner le ballon. Les 30 autres individus, toutefois, n’ont pas complété le test King-Devick plus rapidement à leur deuxième tentative et ont montré plusieurs symptômes associés à une commotion cérébrale.

Grâce à une électroencéphalographie (EEG), les chercheurs ont aussi observé que les frappes de la tête avaient «interféré avec les adaptations neurophysiologiques liées à l’efficacité du cerveau». Ils ont aussi noté que les participants avaient dû fournir un effort supplémentaire pour améliorer leurs résultats au deuxième test, contrairement à ceux de l’autre groupe.

Par ailleurs, le débat concernant les frappes de la tête pour les enfants est d’actualité depuis quelque temps en Angleterre. Des mesures restrictives concernant cette action durant des entraînements ont déjà été mises en place.

En bref, selon Dr Johnny Parr, professeur de psychologie du sport de l’Université Manchester Metropolitan, les résultats de cette étude permettent de confirmer l’impact des frappes de la tête sur le cerveau, mais pas de les quantifier pour le moment.

«Nos recherches montrent que frapper un ballon de la tête cause des changements immédiats sur le fonctionnement de notre cerveau et comment il communique avec nos muscles», a-t-il expliqué, selon le site d’information irlandais Independant.ie.

«Pour l’instant, nous ne pouvons pas confirmer ce que représente cette activité altérée du cerveau. […] Plus de travail est nécessaire pour déterminer la durée de l’impact de ces altérations sur le fonctionnement du cerveau et si celles-ci peuvent avoir des conséquences sur la santé à long terme du cerveau et le risque de maladies neurodégénératives.»