Martin St-Louis sait ce qu’il doit améliorer – TVA Sports
Propulsé à la barre du Canadien en février 2022, Martin St-Louis estime avoir grandi et a beaucoup appris dans les différentes fonctions liées au rôle d’entraîneur-chef. S’il y a un aspect qu’il souhaite améliorer, c’est le roulement de son banc.
De passage au populaire balado Spittin’ Chiclets, le pilote s’est livré sur plusieurs périodes de sa vie dans le hockey, au cours d’un long entretien de plus d’une heure
De son hockey mineur à ses débuts modestes chez les professionnels, puis de son ascension phénoménale en passant par son rôle actuel chez le Canadien, St-Louis est revenu sur ses principaux défis.
Depuis qu’il est aux commandes de l’équipe à Montréal, il ne cache pas que son amour pour le hockey lui fait parfois perdre la notion de la gestion du banc.
«Pour rouler un banc, au départ, est-ce que j’ai été le meilleur? Non, et je ne suis pas encore le meilleur là-dedans. Je m’améliore tous les jours. Il y a des situations qui se produisent et qui te font apprendre et grandir comme entraîneur. C’est une partie importante de notre sport, et je vais continuer de m’améliorer.
«Des fois, tu passes vite d’une supériorité numérique à une situation de quatre contre quatre, puis à un moment où tu te retrouves avec un homme en moins jusqu’à ce que tu reviennes à cinq contre cinq. Les défis sont plaisants. C’est une question de croissance.
«Parfois, mon assistant Trevor Letowski me dit: Marty, who’s up? Des fois, le jeu est tellement bon que tu es concentré à regarder et tu oublies de changer un trio. Et je me dis que ouais, j’ai été un fan pendant un instant.
«C’était pareil à l’époque où je jouais. Le coach était pris à regarder le jeu et tout à coup quelqu’un criait who’s up?», a raconté St-Louis.
Époques différentes
Pour l’entraîneur, qui en sera à sa deuxième saison complète à l’automne, l’adaptation à la génération actuelle de joueurs n’a pas été un problème, même si la gestion du personnel n’est plus la même qu’à ses beaux jours comme attaquant du Lightning.
«Il y a toujours un temps pour tomber sur quelqu’un. Si tu passes ton temps à tirer partout, tu finis par tirer à blanc. Il faut calculer quand utiliser ses balles plutôt qu’à chaque fois que tu es fâché. Si tu réagis juste émotivement, tu ne feras pas long feu. Les joueurs sont différents aujourd’hui, et il faut les convaincre de la raison pour laquelle on fait quelque chose», a-t-il expliqué.
N’empêche que les temps changent et que la camaraderie dans le vestiaire peut être différente. Comme bien des parents, l’utilisation du téléphone cellulaire par ses poulains cause parfois des maux de tête à St-Louis.
«Ça me rend fou. Je le vois même avec mes propres enfants. On s’en va souper et tout à coup, ils sont sur leur téléphone. C’est non! Parlez-vous ensemble! Je ne peux pas les blâmer. C’est un problème un peu partout, mais ce que je peux dire, c’est que si tu veux devenir meilleur dans quelque chose, regarde ton temps d’écran… Parce que ça, c’est l’ennemi», a-t-il dit, sourire en coin, en pointant lui-même son téléphone.
Caufield, un talent spécial
St-Louis ne rechigne toutefois clairement pas à l’idée de travailler avec des jeunes. Même qu’il admet que son boulot avec certains d’entre eux, comme Cole Caufield, est un véritable charme.
«Cole est spécial. Son enthousiasme est contagieux. Il amène une énergie positive. Je suis fier de ce qu’il accomplit et je ne dirai pas que c’est grâce à moi. Mon rôle est de prendre soin des joueurs qui prennent soin de l’équipe.
«Je sais qu’il n’est pas un produit fini et qu’il a des lacunes dans son jeu, comme tout jeune de 20-21 ans, mais il marque des buts. Je ne pourrai pas lui enseigner ça. Est-ce que je peux lui enseigner à obtenir plus de chances de marquer? Je pense que je peux. Mon rôle est de le laisser marquer des buts pendant que j’essaie d’améliorer le reste de son jeu», a-t-il souligné.
Quant à l’arrivée prochaine de jeunes espoirs comme Lane Hutson, qui galvanisent les partisans, St-Louis a appelé à la prudence.
«Il a connu une très bonne année universitaire. Il n’est pas un gros joueur, mais son jeu est très imprévisible. C’est dur d’évaluer où est le plafond dans son cas. Pour connaître une bonne carrière dans la LNH, il faut d’abord s’assurer que le plancher est assez haut.»
