Samuel Piette, l’homme aux records – TVA Sports

C’est l’année des records pour Samuel Piette, qui en a réalisé un autre contre le Crew de Columbus, au début du mois. 

Le milieu de terrain a disputé son 152e match dans le maillot du CF Montréal à l’ère de la MLS, dépassant ainsi son ancien coéquipier Patrice Bernier.

En mars dernier, il a éclipsé Nacho Piatti pour le nombre de minutes joué avec le club. Piatti en avait cumulé 11 428; Piette en a maintenant 11 972.

Il a maintenant un autre objectif en tête: aller chercher un autre record détenu par Evan Bush, qui est le joueur, tous postes confondus, à avoir disputé le plus de matchs avec l’équipe en MLS, soit 176.

«C’est sûr que je veux rattraper Bush et ensuite étirer les records pour rendre la tâche plus difficile au prochain. Mais je sais que ça ne sera pas inatteignable», avance Piette avec un large sourire.

Samuel Piette est arrivé chez le Bleu-Blanc-Noir à 22 ans, en 2017. Il en est à sa septième saison avec l’équipe. Ce n’est plus exactement la même personne qu’au début.

«Quand je suis arrivé à Montréal, c’était tellement loin pour moi. Je voulais seulement jouer ici, plaire à mes boss, à mes coéquipiers et être content de mon jeu.»

Être un Québécois qui joue pour une équipe montréalaise offre une saveur particulière à l’aventure. Le public leur donne de l’amour.

«Au début, tu veux plaire à ton environnement proche et après tu deviens un membre plus important de la communauté québécoise et du sport. C’est là que tu commences à réaliser qu’il y a d’autres trucs que performer pour tes coéquipiers.»

 «Je me sens un peu vieux»

À travers ce processus, Piette est devenu un vétéran de l’équipe. Après tout, il aura 29 ans en novembre. Ce qui étonne, c’est qu’il a vite obtenu ce statut. Plus vite qu’on l’aurait pensé.

«Je suis arrivé à Montréal en 2017 dans un groupe quand même assez vieux et c’était une fin de cycle. J’étais le petit gars plein d’énergie qui court partout, qui se bat pour l’équipe, qui ne dit pas un mot sauf pour dire ce que le monde veut entendre pour se faire des chums dans le vestiaire.

«L’année suivante, Mauro [Biello] n’était plus là, c’était l’arrivée de Rémi Garde et il y a eu un roulement de joueurs. Je devais aider les nouveaux et le rôle est arrivé ainsi.»

Maintenant, il se retrouve capitaine d’une équipe qui ne compte que deux trentenaires, Victor Wanyama et Romell Quioto, qui ont 32 ans. La moyenne d’âge est de 24 ans.

«C’est sûr qu’avec un vestiaire comme le nôtre, je me sens un peu vieux. Je suis un des plus vieux, je suis le capitaine et ça fait longtemps que je suis là alors quand je pense au moment où j’aurai 29 ans, j’ai l’impression que c’est plus que ça.»

Piette aime dire ce qu’il pense, alors il a abordé certaines critiques qui lui ont déjà été adressées par le passé.

«Si j’ai ces records-là, c’est parce que je plais aux entraîneurs qui viennent ici, je suis disponible et j’entre dans le système. J’ai pas mal toujours joué et je vois des commentaires passer, je sais que tout le monde n’est pas d’accord, certains me trouvent vieux.

«Mais ça fait six ans que je suis là et je joue tout le temps, il doit y avoir quelque chose qui va bien. Je pense que j’ai su m’adapter chaque fois et répondre aux attentes.»

Piette n’a pas tort. En 2017, il a joué 11 matchs sur les 12 restants à l’équipe quand il est arrivé. Entre 2018 et 2022, il n’a jamais joué moins de 22 matchs, disputant les 34 parties de la saison en 2018. Cette saison, il compte neuf matchs à son compteur, une blessure l’ayant forcé à l’inactivité pendant plusieurs semaines.

Un virage

Quand on demande à Samuel Piette s’il a jusqu’à maintenant la carrière qu’il avait imaginée, il répond avec candeur et il faut lire jusqu’au bout pour comprendre que c’est loin d’être une mauvaise chose qu’elle ait pris une tangente inattendue.

«Honnêtement non parce que quand je suis parti en Europe, je me voyais rester là. Je me voyais faire comme Pat Bernier et revenir vers la fin. Je me disais tout le temps que j’avais une carrière respectable en Europe et que je pourrais toujours revenir à Montréal quand j’aurais 30 ans.

«Mais je ne ferais rien de différent. Ç’a été une belle surprise de revenir tôt. Je regarde la vie que j’ai eue depuis mon arrivée ici, il y a eu tellement de choses auxquelles je n’avais pas pensé quand j’allais revenir plus tard à Montréal.

«Je n’avais pas pensé à avoir ma famille ici avec mon gars et ma blonde, voir mes amis, pouvoir aller jouer au golf avec des chums, voir mes parents quand je le veux.»