Voici des lieux qui n’auraient peut-être pas dû accueillir des matchs de la LNH – TVA Sports

La sempiternelle saga des Coyotes de l’Arizona continue de défrayer les manchettes après plus de 10 ans d’incertitude relative à l’avenir de cette concession moribonde et plusieurs rappellent le petit aréna de hockey universitaire dans lequel le club évolue. 

Ayant vu leur projet de construction d’un nouvel aréna rejeté par la population de Tempe lors d’un référendum tenu mardi, les Coyotes examineront leurs options dans les jours et semaines à venir. Cependant, comme ce fut le cas la saison dernière, ils évolueront au minuscule Mullett Arena en 2023-2024, ont-ils confirmé. La situation fait sourciller les observateurs, puisque l’endroit peut accueillir environ 4600 spectateurs par rencontre et ses commodités sont plutôt adaptées aux besoins des Sun Devils d’Arizona State. 

Certes, ce n’est pas la première fois qu’une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH) soit contrainte d’évoluer temporairement à l’intérieur d’une infrastructure peu propice à la tenue de parties de niveau professionnel. Voici d’ailleurs quelques exemples qui ont suscité l’attention et surtout le doute dans les récentes décennies. 

-Centre civique d’Ottawa 

Les Sénateurs, version ère moderne, ont effectué leurs débuts dans la capitale fédérale le 8 octobre 1992 quand ils ont surpris Patrick Roy et le Canadien de Montréal. Les amateurs de hockey regardant les séquences du match ont tôt fait de remarquer la petitesse de l’aréna où s’est déroulé l’affrontement : effectivement, la formation ottavienne a passé ses trois premières campagnes et une partie de la quatrième au Centre civique. Contrairement à maintenant, les partisans n’avaient pas à se rendre à Kanata pour assister aux prouesses des joueurs, mais ils devaient s’entasser dans un lieu pouvant recevoir 10 500 personnes. 

Ce n’est que le 17 janvier 1996, deux jours après le concert d’ouverture de Bryan Adams, que les «Sens» ont pu jouer dans leur maison actuelle, nommée au départ le Palladium. Encore une fois, le Tricolore était aux premières loges pour cet événement, sauf que contrairement à 1992, il a quitté avec une victoire en poche. 

-Cow Palace de Daily City, en Californie 

Les Sharks de San Jose se trouvaient beaucoup plus près de San Francisco pendant leurs deux premières années d’activités. Plus précisément, ils ont évolué dans un édifice dont le nom en faisait sourire quelques-uns : le Cow Palace, situé à proximité de «Frisco», avait pourtant écarté du revers de la main par les défunts Seals de la Californie en 1967, ceux-ci ayant préféré aller jouer à Oakland. Les Requins ont donc accumulé les défaites devant moins de 11 000 spectateurs avant de profiter de leurs quartiers actuels (aujourd’hui le SAP Center). 

Ce ne fut pas glorieux sur la patinoire pour la formation qui misait au départ sur les Doug Wilson, Jeff Hackett, Kelly Kisio et Pat Falloon. Elle a notamment encaissé 71 revers en 1992-1992, sa deuxième saison dans la LNH. 

-ThunderDome de St. Petersburg, alias le Tropicana Field 

Certains amateurs qui suivaient les actualités sportives dans les années 1990 peuvent en témoigner : l’inhospitalier domicile des Rays de Tampa Bay au baseball majeur, le Tropicana Field, fait jaser depuis beaucoup plus longtemps qu’on peut le croire. En fait, le stade avait de nombreuses vocations à l’époque, car il a accueilli des rencontres de la Coupe Davis de tennis, de nombreux concerts, une équipe de l’Arena Football League… et le Lightning. 

L’équipe floridienne a disputé sa première campagne dans la LNH en 1992-1993 à l’Expo Hall, qui pouvait contenir 11 000 personnes. L’année suivante, elle a déménagé ses pénates à St. Petersburg, où elle est restée avant de se retrouver dans sa bâtisse d’aujourd’hui – l’Amalie Arena – en 1996-1997. Le principal avantage de jouer au ThunderDome était certes une capacité d’accueil accrue. Ainsi, un match éliminatoire du printemps 1996 a attiré plus de 28 000 spectateurs, ce qui a constitué pendant quelques années un record de la ligue pour une rencontre. 

-Barclays Center de Brooklyn 

Dans l’histoire beaucoup plus récente, le cas des Islanders de New York a généré de nombreuses discussions. L’organisation est maintenant soulagée de miser sur l’UBS Arena, où les joueurs montrent leur savoir-faire depuis novembre 2021. Tout ce qui a précédé n’a pas été facile, l’avenir de la concession étant maintes fois remis en question. En 2015-2016, le club a commencé à disputer ses joutes locales au Barclays Center, soit à l’expiration du Nassau Coliseum qui ne répondait plus aux besoins d’une équipe de hockey professionnel.  

Toutefois, en dépit de la modernité des lieux, ceux-ci n’étaient guère propices à la présentation de matchs de la LNH. L’aréna avait été conçu d’abord pour les Nets de Brooklyn et le basketball de la NBA; d’ailleurs, pour le hockey, le nombre de sièges disponibles était inférieur à ce que le Nassau Coliseum proposait. Beaucoup de places ont dû être «condamnées» pour les parties de la LNH, car elles offraient une vue totalement obstruée sur la surface de jeu. Et dans les bureaux, les relations n’étaient pas les meilleures. Les Islanders ont ainsi choisi de retourner temporairement à leur ancien gîte en attendant l’ouverture de l’UBS Arena. 

-America West Arena de Phoenix 

Pour leur part, les Coyotes ont vécu un problème similaire à leur arrivée en Arizona, à l’automne 1996. Les anciens Jets de Winnipeg ont découvert que leur domicile situé au centre-ville de Phoenix, l’America West Arena (maintenant le Footprint Center), convenait beaucoup plus aux Suns de la NBA. Avant le départ pour Glendale en 2003, ils ont dû composer avec de multiples défauts : une partie du niveau inférieur de l’infrastructure devait être retirée pour respecter les dimensions de la patinoire. Des sections rétractables de sièges ont également été créées. 

Comme à Brooklyn, la visibilité à certains endroits était nulle ou partielle. L’organisation a ainsi installé des rideaux noirs pour dissimuler les sièges inutilisables, tandis que les bancs offrant une vue obstruée étaient vendus à des prix réduits lors des matchs locaux.