Sécurité et bien-être des athlètes: une nouvelle ère pour le système sportif canadien

Ottawa a annoncé l’implantation de plusieurs mesures servant à assurer la sécurité et le bien-être des athlètes, et à leur donner une voix plus forte dans le système sportif canadien.
La ministre fédérale des Sports, Pascale St-Onge, a dévoilé son plan d’action jeudi.
Parmi les mesures dévoilées, un registre public des personnes sanctionnées selon le Code de conduite universel pour prévenir et contrer la maltraitance dans le sport (CCUMS) sera établi d’ici un an.
Un financement de 250 000 $ sera aussi octroyé à l’Association canadienne des entraîneurs pour vérifier les antécédents des instructeurs et leur permettre de suivre une formation sur le CCUMS.
De plus, dans l’optique de mettre fin à l’omerta qui sévit depuis trop longtemps dans le système sportif canadien, les accords de non-divulgation ou de non-dénigrement ne pourront plus être utilisés pour empêcher les athlètes de dénoncer un comportement abusif.
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Les athlètes seront entendus
Les nouvelles mesures visent aussi à modifier les standards de gouvernance au pays et à impliquer davantage les athlètes dans les processus décisionnels. Ainsi, tous les organismes nationaux de sport devront avoir un représentant des athlètes au sein de leur conseil d’administration. Un comité aviseur permanent permettra de veiller à ce que les décisions de Sport Canada bénéficient d’abord aux athlètes.
L’association des athlètes des équipes nationales du Canada, AthlètesCAN, a salué cette mesure dans un communiqué.
«Nous pensons que cette annonce de la ministre St-Onge est une avancée cruciale pour le Canada vers un système sportif au sein duquel les athlètes sont des partenaires, a-t-elle écrit. [Les initiatives représentent] une avancée significative dans le développement d’un système qui normalise un environnement transparent, sécuritaire, accueillant et inclusif.»
Les organismes nationaux de sport devront aussi adopter les principes du Code de gouvernance du sport canadien d’ici avril 2025, qui comprend notamment des cibles en matière de diversité dans les conseils d’administration.
«Les athlètes doivent avoir davantage voix au chapitre à toutes les étapes du processus décisionnel, a jugé la ministre St-Onge dans un communiqué. Les mesures concrètes que j’ai annoncées aujourd’hui s’inscrivent dans le cadre d’un changement à long terme visant à faire évoluer la culture sportive, qui en a bien besoin.»
«Les nouvelles exigences renforceront la responsabilité des organismes sportifs, amélioreront les pratiques de gouvernance et feront une priorité de la représentation des athlètes dans les structures décisionnelles.»
Un moment déterminant
Les réactions des différentes associations d’athlètes étaient d’ailleurs unanimes : c’est le début d’une nouvelle ère dans le sport canadien.
«Aujourd’hui [jeudi] marque un tournant pour le système sportif canadien, jetant de solides bases sur lesquelles nous pouvons continuer à aller de l’avant, s’est réjouie la présidente de la Commission des athlètes du Comité olympique canadien, Rosie MacLennan. C’est également un message clair : la voix et le point de vue des athlètes sont importants.»
«Ces initiatives renforceront les mesures de sport sécuritaire, assureront une plus grande conformité et le soutien nécessaire à un système sportif plus sécuritaire et plus inclusif au Canada, tout en augmentant le leadership des athlètes dans tous les domaines», a corroboré le vice-président du Conseil des athlètes du Comité paralympique canadien, Jeremy Hall.
